Bienvenue dans un monde ou luxe et performances ont trouvé un compromis…

La compétition est depuis longtemps un moyen pour tout constructeur qui se respecte de montrer ses innovations et ses prouesses technologiques. Le véritable luxe pour chacun de nous serait de posséder une des ces machines qui nous font tant rêver, dressées sur circuit, mais domptées sur la route… Ducati s’est penché sur le sujet : prenez une machine purement sportive, ajoutez lui une double optique basse (mais quelle optique !) des rétros identiques à ceux de la 1098, des clignos intégrés, un support de plaque et enfin ce magnifique compteur High teck comprenant des infos sur le régime, la vitesse, la température du moteur, les temps au tour, l’ouverture de gaz… Vous obtenez la Ducati Desmosedici (desmo quoi ?) Comprenez une machine de compétition homologuée pour la route.

Biensur, Ducati a voulu conserver son caractère en équipant cette machine d’un V2 en L, signature de la marque… A ceci se pose un problème : un bicylindre ne peut pas atteindre une puissance comparable a celles des 4 cylindres (bien que les chiffres des derniers modèles soient surprenants…). Les ingénieurs se sont penchés sur le sujet : ils ont donc équipé la bête d’un V4 en L en configuration Big Bang. La distribution desmodromique* a évidement été conservée, comprenant 16 soupapes en titane, 12 injecteurs… On obtient donc un moteur de 998 cm3 dépassant les 200 chevaux à13800 tours/min et un couple avoisinant les 11.8mkg à 10500 tours/min si le kit échappement est monté, le tout pour 171 kg.
A noter que la boite de vitesse est à cassette, la majorité des carters et les couvres culasse sont en magnésium et l’embreillage à sec multidisques a commande hydraulique.
Le système d’échappement est une ligne 4-en2-en1 avec un silencieux intégré dans la coque arrière d’un plus bel effet! (Voir photos) Inutile d’espérer pouvoir prendre un passager; elle reste une machine de compétition et est homologuée pour une personne…
*La distribution desmodromique est une particularité de Ducati. Très complexe. Les arbres à cames, au lieu d’actionner directement les soupapes, viennent manœuvrer les commandes qui agissent sur les soupapes. L’intérêt d’un tel système est d’éviter l’affolement des soupapes, vu qu’il n’y a plus de ressorts de rappels, mais des linguets pour les ouvrir et d’autres pour les fermer.

Coté partie cycle, pas de secrets: la encore, c’est pas fait dans la demie mesure : Les freins ont été confiés a Brembo, avec des étriers monobloc à 4 pistons de 34 mm qui viennent pincer des disques de 330mm, eux-mêmes fixés sur des jantes Marchesini a 7 branches forgés et usinés en alliage aluminium chaussées de pneus Bridgestone conçus spécialement pour la belle (du 200 à l’arrière…). La suspension est signée Ohlins: une fourche inversée FG353 de 43mm disposant d’un réservoir séparé.

Des lignes tranchantes incontestables: l’aérodynamisme de la D16RR a été mis au point par Alan Jenkins pour une vitesse max et une stabilité sans faille (le carénage, comme beaucoup d’autres pièces est en carbone). Il existe deux versions pour cette machine: « rouge GP » ou bien « team version » La seule différence étant que la deuxième comporte des bandes blanches sur le carénage. Biensur, les deux versions comportent un kit autocollant.

Le rapport poids-puissance (200cv/171kg) témoignera d’une chose: c’est une machine a ne pas mettre entre toutes les mains…Mais cet équipement de folie a un prix qui en éloignera plus d’un: 60000 euros (oui, oui, avec 4 zéros), imaginez le prix de l’assurance... Un simple coup de pub pour la marque? Pas vraiment… La Desmosedici a d’abord été créée pour 300 exemplaires, mais le carnet de commande s’est allongé, pour atteindre 1500 exemplaires (à noter que les possesseurs d'une 999R sont prioritaires sur la liste de commande Ducati). L’achat de cette moto comprend 3 ans de garanties (ils vont être précieux ces 3 ans…), 3 ans d’entretient programmé, un Kit Echappement Racing avec un boîtier électronique dédié, un Kit de transferts autocollants sponsors, une Housse moto, un certificat d’authenticité, et une béquille Paddock.
Alors bien sur, pour des raisons financières, cette moto de rêve restera un rêve… Un petit joujou qui ne donnera du bonheur qu’aux richissimes propriétaires? Peut-être pas : heureux soit le passionné ayant la chance de la croiser du regard, ne serait-ce qu’une seconde au coin de la rue…



